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Des bénévoles de l’association Saint-Rome-de-Tarn (Aveyron)
Cathy Parguel au centre de la photoC’est lors d’un diner des bénévoles de l’association Saint-Rome-de-Tarn que nous avons rencontré Cathy Parguel, Yolande Reynes et Ginette Montegniès, ses trois fondatrices.

 

Accompagnée au micro de ses deux amies, Cathy Parguel raconte les premiers pas, il y a trente ans, de l’association qui compte aujourd’hui 135 familles adhérentes.

 

 

 
 
 
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Elisabeth Corpel (Aisne)

Engagée au niveau local, elle a aussi été présidente de la fédération départementale de l’Aisne

 

"La fédération de l’Aisne est la première dans le réseau à avoir mis en place des haltes garderies itinérantes, en 1997. La halte-garderie couvre alors trois cantons du sud de l’Aisne : Neuilly-sur-Front, Oulchy-le-Château et Villers-Cotterêts.

 

La halte-garderie permet une souplesse d’organisation : comme elle est itinérante, elle peut changer ses lieux de présence. Elle se consacre alors à d’autres demandes sur d’autres lieux (Crépy et Couvron). Davantage de familles trouvent ainsi un service essentiel en milieu rural. La halte-garderie itinérante permet à certains parents de ne pas déranger les membres de leur famille. Par ailleurs, les mamans, souvent à temps partiel,  s’autorisent à prendre soin d’elle, à aller à des rendez-vous… Certaines culpabilisaient de laisser leur enfants à des « inconnues » ; Ce n’est pas évident pour les parents, du moins au début, de faire confiance aux éducatrices de la halte-garderie itinérante! Mais très rapidement, alors que la structure ouvre pendant des demi-journées, nous étendons l’accueil à une journée entière, avec repas. Ce sont ensuite l’association Familles Rurales de Crépy et ses environs puis celle du Pays de Serres (Couvron) qui ont accueilli de nouvelles haltes-garderies dans les environs de Laon. Ces structures donnent lieu à d’autres activités comme à Guignicourt où l'association Familles rurales a développé plus tard un multi-accueil et où plus globalement des actions ponctuelles concernant les parents sont organisés avec eux."

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Jean Claude Talarmain (Finistère)

Engagé localement à Familles Rurales depuis 1982, il l’a ensuite été à la fédération départementale, régionale, puis à la fédération nationale comme vice-président.

 

"Au début des années 80 avec ma famille, j’ai participé à l’assemblée générale de l’association Familles Rurales puis j’ai pris la responsabilité de la jeunesse qui était une activité importante dans l’association dont je suis devenu le président en 1985. Pour moi c’était l’occasion d’influer sur la vie de l’association, de développer d’autres activités. C’était une époque où beaucoup de familles revenaient s’installer à Plouguen et venaient des villes. Ils avaient donc d’autres besoins et le nombre d’enfants augmentait. Cela faisait évoluer aussi les activités associatives. On  a commencé à proposer de l’art floral, de la musique… Ce mélange de culture a été très positif pour Plouguen.

 

Ensuite je suis devenu administrateur de la fédération départementale Familles Rurales du Finistère et enfin administrateur national. C’est lorsque j’ai été élu vice-président de la fédération nationale que je me suis investi dans le domaine de la protection sociale et de la politique familiale."

 

Consulter notre réseau sur le terrain et solliciter l’avis de tous

 

"Nous avions alors mené un travail formidable avec les fédérations départementales du réseau et les associations locales. Les acteurs du réseau étaient interpelés pour engager une réflexion dans tous les domaines de la protection sociale : retraite, allocations familiales et santé.  On avait mis en place une grille de réflexion. Chaque fédération l’avait utilisé pour finalement dégager les positions principales de Familles Rurales. Des débats il y en avait !"

 

Cinquième risque, prestation parentale d’éducation : des positions audacieuses pour l’époque

 

"Au début des années 2000, Familles Rurales défendait déjà la création d’un cinquième risque pour financer la prise en charge de la dépendance des familles. A l’époque c’était une idée originale ! Familles Rurales avait souligné le fait que la branche famille alors excédentaire était mise en déficit artificiel pour financer d’autres branches. Et cela empêchait la création de la prestation parentale d’éducation que Familles Rurales demandait.

 

Cette dernière a été le symbole du projet de Familles Rurales pour la famille. Elle lui donnait la possibilité de faire un véritable choix qui lui permettait de tendre vers une meilleure conciliation de la vie familiale et professionnelle.

 

En 2004, lors des groupes de travail mis en place par Christian Jacob, alors ministre délégué à la Famille, je représentais Familles Rurales. Demander la création de la prestation parentale d’éducation, équivalent à un demi-smic, c’était permettre à la personne souhaitant être davantage avec ses enfants qu’elle puisse le faire, avec une perte minimum de revenus. J’ai alors été pris à partie par une déléguée syndicale qui accusait Familles Rurales  de vouloir renvoyer la femme dans son foyer ou de « salarier » la mission éducative des parents. Alors, j’ai pris l’exemple d’une mère de famille travaillant dans une usine d’abattage de poulet. Pour elle, le choix d’un temps partiel, complété par la prestation parentale d’éducation, pouvait être avantageux. La personne au foyer pouvait ainsi être davantage disponible pour ses enfants. La prestation parentale d’éducation c’était cela : donner le choix aux parents, défendre l’idée que l’épanouissement de la personne ne passe pas uniquement par le travail."
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Edith Levassor, (Eure-et-Loir)

Investie à la fédération départementale, elle en est devenue présidente.

 

Dans les années 80, la fédération départementale d’Eure-et-Loir dispense la formation « Education à la vie » aux responsables bénévoles. Mes enfants partent vivre leur vie et je me pose alors beaucoup de questions. L’époque est marquée par les débats sur la Procréation Médicalement Assistée, les nouvelles formes de familles. Comment réagir face à cela ?

 

Ne pas juger, écouter et trouver la solution adéquate

 

En 1975-1976, la fédération départementale d’Eure-et-Loir est devenue Etablissement de Conseil Conjugal et Familial. Un(e) conseiller(e) était présent(e) et recevait les jeunes femmes ou des adolescentes, seules ou en couple, qui souhaitaient avorter. Les principes étaient clairs à Familles Rurales : ne pas juger, écouter et trouver une solution la plus adéquate à la volonté des individus. La fédération était alors en lien avec les hôpitaux en cas d’avortement. 

On trouvait que Familles Rurales était plutôt ouverte. Plus largement, le premier public était essentiellement rural mais progressivement des citadins venaient. Ce mélange de population a été très riche d’enseignements. Ca a été une chance pour Familles Rurales.

 

Poser un autre regard, enrichi de celui des autres, et faire tomber les clichés

 

Parallèlement, je décide en tant que bénévole de participer à la formation « Education à la vie ». Les modules abordaient la naissance, l’adolescence, le corps et la sexualité, la famille et la société et enfin les séparations. On s’est vite habitués à discuter de sujets un peu tabous à l’époque, comme les familles monoparentales ou les divorces. J’ai le souvenir d’une femme en instance de divorce qui parlait de son expérience. Son histoire a nuancé mon jugement, nous avons avec elle trouvé des solutions, du moins se sentait-elle apaisée.  En évoquant la drogue et le sida, nous revenions dans les fédérations avec un autre regard. Cette formation était une ouverture aux autres, à toutes les situations que nous pouvions rencontrer dans le monde associatif et dans le respect des différences.

 

De l’expérience personnelle à l’action

 

Une des conséquences de  cette formation « Education à la vie » a été la création d’un point rencontre enfant-parent dans les années 2004 qui contribuait aussi à créer des liens entre les habitants. Nous avons aussi sollicité les associations locales pour qu’elles organisent des réunions parents-enfants. Certaines relations familiales s’en sont trouvées apaisées.

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Marie-Jo Hamard (Maine-et-Loire)
Vice-présidente de la commission du développement et de l’aménagement du territoire de la fédération du Maine-et-Loire. Vice-présidente de la fédération du Maine-et-Loire.

En 1987, le bourg d’Iré a été retenu comme site expérimental pour enfouir des déchets radioactifs. Plusieurs associations et élus se sont alors mobilisés contre ce projet. Familles Rurales en faisait partie.

 

"On a entamé une véritable campagne d’informations auprès de la population. En effet, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) voulait rassurer les habitants sur le fait que les risques n’étaient pas irréversibles, que le  projet d’enfouissement allait créer de l’emploi, apporter des financements… Pour nous, il était impensable de compromettre l’avenir des générations futures, le danger était bel et bien irréversible.

 

Il a fallu de l’audace pour y aller

 

Nous savions que tout ce qui était produit sur nos terres allait en pâtir, que l’eau allait être polluée… Alors nous nous sommes organisés. Les membres du comité accompagnaient les habitants dans les manifestations. Il a fallu de l’audace pour y aller ! Des altercations ont éclaté avec les forces de l’ordre qui gardaient le site d’enfouissement alors grillagé. Des tracteurs étaient installés dans les rues pour leur barrer la route. Des agriculteurs, directement menacés par le projet, coupaient l’eau.

 

Argumenter pour encourager les personnes à faire des choix assumés

 

Un réseau téléphonique s’était organisé. A l’époque les portables n’existaient pas donc on utilisait des talkies walkies avec des messages codés pour mobiliser le plus rapidement possible les habitants lors de réunions informelles et tenues secrètes. Ces dernières étaient importantes car elle nous « formaient » pour aller convaincre les élus. L’objectif était de les amener, mais aussi d’amener chaque individu, à prendre des décisions assumées et responsables. Le rapport frontal est inefficace. Notre audace a payé puisque nous avons obtenu une annulation du projet (1990) dans sa conception d'origine. La possibilité de réversibilité de l'enfouissement a été admise. Mais si les déchets sont aujourd'hui toujours à la Hague, je sais qu'un projet de laboratoire est développé à Bure (Meuse).  

 

La mobilisation a eu l’avantage de faire émerger un sentiment d’appartenance au territoire

 

Les familles mobilisées ne souhaitaient pas qu’un projet souille une région connue pour son paysage de bocage et sa qualité de vie. Mais le comité refusait aussi que ce projet, dans les conditions d’alors, se mette en place ailleurs. Des liens très forts se sont tissés entre les habitants et les élus. Familles Rurales a illustré ici son message essentiel : défendre les familles au-delà des divergences politiques ou personnelles."

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Odile Grassi (Côte d’Or)

Fondatrice de l’association d’Ahuy (Côte d’Or), elle en a aussi été présidente.

 

« Quand je rentrais de mon travail, il y avait toujours beaucoup d’enfants qui jouaient sur le tas de sable proche de ma maison en fin de construction. Je leur donnais un goûter en même temps qu’à mes deux filles. L’une de mes belles-sœurs, qui s’occupait de la Ruche dans le Châtillonnais, m’a suggéré de faire comme elle. C’était en 1973.

 

Après renseignements pris à Familles Rurales de Dijon, j’ai fait les démarches à Jeunesse et Sports et avec d’autres parents, nous avons créé la Ruche d’Ahuy. Nous avons demandé l’autorisation d’utiliser les locaux de l’école et aussitôt deux jeunes du pays ont fait office de moniteurs pour encadrer les enfants.

 

Familles Rurales était un mot que les habitants ne connaissaient pas. Mais les mamans qui attendaient leurs enfants à la sortie de l’école – j’habitais juste en face – ont vu ma maison se construire, les gamins jouer dans mon jardin. Mon mari et moi étions très spontanés et attachés à la nature. C’est sûr que je n’incitais pas les enfants à jouer à la console de jeux ! Nous allions plutôt faire des balades en forêt, nous étions assez libres finalement.

                                                  

Très rapidement des cousins et enfants d’autres pays voisins se sont joints à la Ruche. Au milieu des années 70, on organisait des jeux de connaissances. On avait eu l’idée de racheter un marabout à la paroisse pour emmener les enfants camper à la belle étoile lors des séjours. On logeait les enfants à nos frais pendant leur séjour, on les nourrissait. On était des parents bénévoles, un peu dans l’utopie mais cela marchait bien !

 

La Ruche n’était pas un champ clos où les enfants réglaient leur compte

 

Il y avait un véritable projet. Nous ne faisions pas de la garderie. Les enfants étaient là, assidus. Les gens du pays s’étonnaient de voir les enfants marcher en rang dans la rue quand ils faisaient le trajet de l’école jusqu’à la ruche. Pendant ce temps là, ils n’allaient pas jouer à sonner chez les voisins !

 

La Ruche a fait en quelque sorte de la prévention « au grand n’importe-quoi », à l’inoccupation en misant sur les liens humains. Une femme devenue veuve a par exemple mis son enfants à la Ruche car elle était soucieuse qu’il occupe ses vacances autrement qu’en étant à la ferme. Vers 12/13 ans, les enfants cueillaient les cerises pour aider leur parent aux champs mais vers 7/8 ans, les parents étaient contents de ne pas avoir leurs enfants dans les pattes mais de les voir revenir de la Ruche aussi enthousiastes.

 

Sans le savoir nous transmettions des valeurs. Il y avait un petit règlement (pas de couteau, le respect des autres…), on apprenait le sens du partage, on favorisait l’imagination et le savoir-faire sans rien ! Les enfants nous montraient aussi ce qu’ils savaient faire.

 

Un jeu de domino : après les enfants, les parents se rencontrent et se mélangent

 

Les enfants venaient d’Ahuy mais aussi de Dijon. Les parents, agriculteurs et citadins, se croisaient de fait. Ils ont vu l’arrivée de la Ruche d’un œil favorable. Ils se rencontraient, cela favorisait ma mixité. On a organisé de grandes fêtes. C’était aussi toute une ambiance ! Parallèlement à tout cela, la section football de Familles Rurales se structurait aussi et je me souviens de journée où tout le monde se retrouvait lors des tournois de football, l’entrée était gratuite, les plus jeunes retrouvaient les plus âgés… D’ailleurs nous avions une subvention de la mairie mais moins important que celle de la fanfare de la commune. Alors je suis allée voir le maire en disant que certes Familles Rurales n’apprenait pas la musique mais qu’elle avait un rôle social dans la commune ! Le maire en était bien conscient et les choses se sont vite arrangées.

 

La Ruche : une rampe de lancement pour l'association

 

A la fin des années 70, l’association demandait davantage d’organisation et d’obligations techniques. Les moniteurs devaient être diplômés. Le fonctionnement et les relations avec les familles changeaient et nous avons passé le flambeau à de nouveaux jeunes parents compétents et disponibles.

 

Cela nous a semblé être une évolution normale pour une association qui grandissait à vue d’œil. Comme pour un enfant qui apprend à marcher, nous étions contents de voir le temps de la maturité arriver. Aujourd’hui, l’association compte plus de 230 familles avec des activités diverses : ruche d’été, carnaval, œufs de Pâques, gym pour les enfants. Yoga, peinture à l’huile, aquarelle, country, marche, trail, voyages, bridge, anglais, visites de musées pour les adultes. L’association Familiale Rurale d’Ahuy a permis cela, et avec un peu de recul nous sommes heureux  du chemin parcouru ».

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Vivre mieux 50
Numéro 50

mai - juin
2016
 
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